Les tendances du e-learning

La technologie dans la formation en entreprise

La stratégie de formation dans votre entreprise vous donne mal à la tête? Comment utiliser les nouveaux outils innovants et former vos collaborateurs de façon connectée?
Apparemment, 2016 a été l’année du changement pour la formation en entreprise, avec une augmentation croissante dans la demande et l’adoption des outils de formation  numériques. Un grand nombre d’entreprises ont remplacé les méthodes de formation old-school (basées sur le présentiel) par un apprentissage digital innovant. Selon un magazine RH très connu, Workforce : “73,6% de la formation fournie par la technologie par les entreprises listées dans Fortune 500 l’a été de façon connectée, avec des solutions en lignes.”
Une autre source ajoute: “Cisco a réduit ses coûts de formation d’environ 40% à 60% lors de sa transition vers la formation e-learning, tout en améliorant la performance globale de ses employés et leur efficacité au travail.”

Prédictions

Nous avions déjà écrit un article sur les tendances clés par le passé. Qu’en est-il aujourd’hui, est-ce que nos prédictions se sont réalisées et lesquelles ont pris de l’ampleur?
Sans aucun doute : la gamification, l’approche mobile centrée et le blended learning se sont développés et resteront des sujets d’actualité dans l’industrie. De même, les outils d’analyse continueront à être utilisés par les managers pour personnaliser l’expérience d’apprentissage pour la rendre encore plus attrayante et en retour plus efficace.
Mais qu’en est-il des prédictions pour l’année à venir? Nous allons garder un oeil sur les tendances suivantes :

Flexibilité

Une approche adaptée à tous est plus difficile à mettre en oeuvre dans une période de mobilité accrue des employés.  Il nous semble que les départements Formation devront faire plus d’efforts pour offrir des formations sur mesure, à la demande des employés, que ce soit lors de voyages d’affaires ou lorsqu’ils travaillent à distance (domicile ou bureau à l’étranger).

Mise à disposition des contenus

Cette année, le contenu va continuer à jouer un rôle important (par exemple, l’augmentation des vidéos interactives), mais l’indicateur clé sera où et comment le délivrer aux apprenants. Il s’agira d’utiliser les meilleurs canaux en termes de : facilité d’utilisation, familiarité pour les utilisateurs finaux et meilleurs résultats en termes de durée et de taux de complétion des modules de formation. Ceux qui permettront de réutiliser des programmes existants et de se concentrer plutôt sur les moyens optimaux pour servir les apprenants (exemple : via de supports mobiles) gagneront la bataille!

Expérience utilisateurs

Parce qu’il s’agit d’une expérience centrée sur l’apprenant, en 2017 nous nous concentrerons tous sur une expérience intuitive, facile et motivante. Aujourd’hui les employés évoluent dans un environnement de travail au rythme rapide, utilisent des sources d’information multiples et ont de temps d’attention très courts (pensez aux jeunes générations qui entrent sur le marché du travail). Ils veulent se connecter et apprendre sans trop d’efforts et de difficultés en termes de connexions, sans interfaces inadaptées et sans modules trop longs.  Des contenus de formation succincts (petits grains) et bien conçus les serviront beaucoup mieux!
Et qu’en pensent nos partenaires? Nous avons questionné certains d’entre eux, experts en e-learning, qui traitent quotidiennement avec des clients dans ce secteur et voilà ce qu’ils en pensent.
“Le paysage des fournisseurs dans le secteur de l’Éducation peut être divisé en : LMSs; Distribution de Contenus; Evaluation et Analyse de la Performance. Ces dernières sont liées à l’Adaptive Learning. Les LMS et la Distribution de Contenus à la Classe Inversée. Mais les deux sont dépendantes de l’Existence des Contenus de la “Findability”. C’est la tendance que nous prévoyons pour 2017. Et nous sommes enthousiastes devant les possibilités de la Classe Inversée et de l’Adaptive Learning. Cela permettra aux étudiants de travailler à leur rythme et à leur vitesse, et de donner les mêmes chances aux riches comme aux pauvres.”
Fabio Yoshioka, Next Page, Brésil
“En 2017, nous croyons que le marché du e-learning sera influencé par le besoin constant d’améliorer l’expérience utilisateur en utilisant des plateformes digitales. Elles devront proposer de plus en plus de fonctionnalités pour satisfaire les managers et les apprenants. Les solutions de formation en ligne doivent être attractives, sociales et agiles. Et le mélange des technologies et de l’apprentissage ouvre tellement de possibilités. Il permet à un seul outil numérique d’offrir des contenus captivants, des options de livraison multiples et un reporting et une évaluation complets.”
Sabrina Marchi, Skillendo

Learning Technologies, Londres, 1 – 2 Février

Les principaux penseurs et utilisateurs se rassembleront à Londres cette semaine à l’occasion du Learning Technologies pour discuter de la formation et de l’apprentissage. Certains concepts clés peuvent paraître très intrigants :

  • 70:20:10 dans le monde du travail en pratique
  • Les barrières pour utiliser les plateformes collaboratives en ligne
  • UX-design pour l’apprentissage
  • Mobile et micro learning
  • Voyage vers un système d’apprentissage social et personnalisé

Nous y serons représentés par nos partenaires Skillendo et Disco Learning Media. Si vous souhaitez en savoir plus sur nos solutions, n’hésitez pas à venir nous rencontrer!

(1 – 2 Février 2017, Olympia, Londres stand H13)

Vers une uberisation de la formation ?

Le Garf

Le Garf (Groupement des acteurs et responsables de la formation) invitait ses adhérents à réfléchir à l’impact du digital sur les compétences et l’uberisation [1] de la formation, lors d’une matinée à Centre Inffo le 20 mars.
Alors que la digitalisation provoque une véritable révolution professionnelle, elle influence également les attitudes des collaborateurs. Une révolution que les responsables de formation doivent prendre en compte, selon Jean-Baptiste Gouin, cofondateur de Talenco, qui accompagne les entreprises dans leur « transformation digitale ».
Le digital crée une nouvelle forme de consommateur, ou de collaborateur, devenu BIOPAU : bavard, impatient, omni (-canal, -potent, etc.), partageur, autonome et unique. Cette nouvelle catégorisation conduit les RH à proposer des formations « uniques », adaptées aux besoins de chacun et qui rendent le collaborateur le plus autonome possible.
Dans un contexte de plus en plus concurrentiel, la gestion des compétences (dont 30 % deviennent obsolètes d’année en année) doit évoluer, la GPEC [2] est désormais la « gestion proactive de l’évolution des compétences ». Avec un apprenant au cœur des dispositifs, des outils et des modalités qui explosent (social learning, reverse mentoring, etc.), le digital offre en creux la possibilité d’un positionnement nouveau face à la formation, en favorisant l’autonomie des apprenants.

Quid de l’uberisation ?

Avec une offre atomisée et pléthorique, une expérience utilisateur qui n’est pas toujours de qualité, le secteur de la formation remplit deux des trois critères qui le rendraient « uberisable », selon Antoine Amiel, fondateur de LearnAssembly. Deux sur trois, car la formation n’est pas un « produit » aisément standardisable, contrairement à un produit simple comme une course en taxi. Cependant, des acteurs se positionnent aujourd’hui, dans un contexte d’une offre difficile à quantifier ou à qualifier, comme des intermédiaires à même de supprimer les intermédiaires traditionnels. Il y a d’une part les « Trip Advisor » de la formation, tel MyMooc qui recense plusieurs milliers de cours gratuits disponibles en français, anglais et chinois. D’autres sont des places de marché : aux États-Unis, Udemy, Teachable ou encore Skillshare permettent d’accéder en quelques clics à des milliers de cours, selon ses appétences, son métier, etc. En France, la plateforme 360Learning, éditeur de solutions digitales, prescrit des contenus et permet aux organismes de formation de produire eux-mêmes des contenus dans une ergonomie adaptée au Web 2.0.
Prochaine étape, les API (interfaces de programmation applicatives), qui permettent d’envisager des agrégateurs de contenus, en provenance des places de marchés. Degreed, toujours aux États-Unis, est en passe de se positionner comme un véritable intermédiaire entre l’organisme de formation et l’apprenant. Pour Antoine Amiel, ces nouveaux acteurs sont à envisager, plus qu’une menace, comme un prétexte pour innover et repenser sa valeur ajoutée. L’ingénierie de formation doit évoluer pour recréer des produits à partir de modules existants, sans oublier de sensibiliser les collaborateurs au digital.


Nouvelles obligations pour les organismes

Prise en charge, référencement, qualité, suivi…les organismes de formation doivent se mettre en conformité avant le 1er juillet 2017

La loi du 5 mars 2014 portant réforme de la formation professionnelle impacte l’activité des organismes de formation (OF) externes et internes avec lesquels vous travaillez et qui détiennent un Numéro de Déclaration d’Activité (NDA).

En vertu d’un décret de 30 juin 2015 relatif à la « Qualité des actions de formation », ceux-ci devront impérativement être enregistrés sur un site www.data-dock.fr avant le 30 juin 2017 :

  • soit en y déposant la totalité des éléments de preuves nécessaires à la procédure interne d’évaluation
  • soit en justifiant d’un label ou d’une certification reconnue par le CNEFOP (Conseil National de l’Emploi, de la Formation et de l’Orientation Professionnelles).

Dorénavant, seul cet enregistrement permettra à l’OF d’être référencé et surtout autorisera le financement des actions de formations par l’OPCA (AGEFOS-PME) ou tout autre financeur : OPACIF, Etat, Région, Pôle Emploi et Agefiph…

Cette mesure doit permettre au financeur (OPCA de branche : AGEFOS-PME) de s’assurer de 6 critères prévus par la loi :

  1. L’identification précise des objectifs de la formation et son adaptation au public formé
  2. L’adaptation des dispositifs d’accueil, de suivi pédagogique et d’évaluation aux publics de stagiaires
  3. L’adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d’encadrement à l’offre de formation
  4. La qualification professionnelle et la formation continue des personnels chargés des formations
  5. Les conditions d’information du public sur l’offre de formation, ses délais d’accès et les résultatsobtenus
  6. La prise en compte des appréciations rendues par les stagiaires

POINTS DE VIGILANCE :

  • La Fédésap alerte donc de la nécessité de ne travailler qu’avec des Organismes de Formation référencés ou en cours de l’être, sauf à ne pas prétendre à financement de vos actions de formation, au-delà du 30 juin 2017 ;
  • Si vous disposez d’un OF interne avec un numéro de déclaration d’activité : il est nécessaire de vous occuper de cette démarche ; les délais étant courts…dans l’hypothèse d’une demande de prise en charge et donc de remboursement des actions de formation engagées.

AGEFOS-PME, l’OPCA de la branche des entreprises de SAP est particulièrement vigilant quant au respect de cette nouvelle réglementation. Vous pouvez donc vous rapprocher de ce dernier pour vous assurer en amont de la conformité de votre OF avec ces nouvelles mesures.